C’est une entreprise peu connue du grand public, et pourtant, C.N.O.I., le chantier naval de l’océan Indien, a acquis, en un peu plus de quinze ans, une solide réputation. Sur plus de 350m de quais, dans la partie sous douane du port de la capitale, on y répare tous les types de bateaux et on construit quelques belles unités! 

De La Réunion et de Madagascar, des Seychelles et de Mayotte, de l’Afrique du Sud et de l’Australie, de l’Espagne et de la Nouvelle Zélande, du Chili et de Taïwan, de Maurice et de France, les navires construits ou réparés par les équipes de CNOI portent tous les pavillons! La marine de guerre française a même signé un contrat de maintenance avec le chantier naval mauricien pour qu’y soient entretenus ses navires basés dans l’océan Indien! C’est assez dire le niveau de technicité et de fiabilité atteint… «Nous avons débuté, se souvient Jean-Yves Ruellou, le directeur général de CNOI, avec quelques chefs d’ateliers venus des chantiers français, et quelques dizaines d’ouvriers mauriciens, dont très peu étaient réellement formés à nos métiers » Aujourd’hui, le chantier naval embauche plus de 400 salariés permanents, auxquels viennent s’ajouter, en cas de besoin, près de 300 journaliers. Ils sont soudeurs, mécaniciens, mais aussi plombiers, électriciens, dessinateurs industriels, peintres, grutiers, manutentionnaires, pompiers, magasiniers ou administratifs! «Peu à peu, explique Jean-Yves Ruellou, le rôle des cadres étrangers s’est estompé et nous avons formé, parmi nos ouvriers mauriciens, des chefs d’équipe ou d’atelier, solides et qualifiés. C’est, pour nous, une grande fierté, d’avoir réussi ce pari du transfert de compétences ! »

 

Vision anticipée du développement de la pêche au thon

Créé à l’origine pour venir appuyer le projet du Seafood Hub d’IBL, CNOI est, initialement, un joint-venture entre le groupe mauricien et le chantier naval français Piriou. « Le capitaine François de Gersigny, se souvient J.Y. Ruellou, avait anticipé le développement de l’industrie thonière locale. Et il avait la conviction que Maurice deviendrait un important port de débarquement du thon si les armateurs trouvaient, sur place, les installations adéquates à la maintenance des navires de pêche… Il avait raison et, encore aujourd’hui, les thoniers qui croisent dans l’océan Indien viennent en grand nombre chez nous, soit pour un entretien programmé, soit pour la réparation d’une avarie! »

En quinze ans, l’actionnariat du Chantier naval a évolué et les chantiers Piriou n’y figurent plus. La part mauricienne de l’entreprise est donc devenue prépondérante.

Ce n’est pas la seule évolution, précise le Directeur : «on nous demande des opérations de plus en plus techniques, comme la ‘jumboisation’ d’un navire de pêche des mers australes, il y a quelques années… Et la construction devient aussi de plus en plus importante. Nous sommes en mesure, désormais, de réaliser de vraies séries… Nous avons ainsi livré deux amphidromes – bacs de liaison inter-îles – à Mayotte et nous terminons la construction d’un crevettier qui pourrait être le premier exemplaire d’une lignée de sept bateaux identiques, commandés par un armement néo-zélandais. »

 

La «jumboïsation» de l’Austral Leader II

Bateau de pêche armé par une compagnie néo-zélandaise, l’Austral Leader II effectuait de longues campagnes dans les mers australes, loin de tout port où débarquer son poisson. Pour accroître le potentiel du bateau et lui donner la possibilité de charger davantage de poissons dans ses cales, ses armateurs ont décidé de le faire passer en format « jumbo »…autrement dit, de l’allonger ! L’opération, consistant à découper le navire, pour lui adjoindre une « rallonge» de 7 mètres, a été réalisée au Chantier naval de l’océan Indien (C.N.O.I.). Complexe et d’une redoutable précision, cette intervention spectaculaire reste un moment fort dans la vie du Chantier!

 

Les belles croisières de La Curieuse

Ancien navire de soutien aux missions scientifiques des Terres Australes et Antarctiques Françaises (les TAAF), La Curieuse a récemment été rachetée par le Chantier naval de l’océan Indien (C.N.O.I.). Et si ce bateau robuste, conçu pour naviguer sur une mer difficile, continue d’être affrété par divers organismes de recherche, il est également désormais possible de le louer pour une croisière sur mesure ! Des expéditions « plongée sous-marine » ont ainsi déjà été effectuées à Saint-Brandon. Les participants à ces croisières exceptionnelles en sont revenus émerveillés! Plonger dans le lagon d’un atoll corallien perdu au milieu de l’océan est, en effet, une expérience unique! Mais La Curieuse propose aussi des croisières courtes autour de Maurice. Le temps d’un week-end, par exemple! Fiable et dotée d’aménagements spacieux, La Curieuse mesure 25 mètres et jauge 300 tonnes, en charge. Elle peut facilement embarquer une douzaine de passagers. Pour tout renseignement sur ces croisières spéciales : reservations@expeditionslacurieuse.com

 

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