La ferblanterie est un art que l’on apprend en observant les mentors. Sublimer les objets d’usage ordinaire avec dextérité et précision ne s’improvise pas. Mais souvent, une bonne dose de débrouillardise et d’imagination sont les valeurs de ce métier qui a toute sa place dans le patrimoine mauricien.

Témoins d’un art qui s’est transmis de génération en génération, les ferblantiers mauriciens continuent aujourd’hui d’exister. Cette technique qui consiste à créer des objets avec du fer étamé s’est propagée lentement sur tous les continents, sans vrais changements dans la réalisation artisanale.

En effet, l’histoire nous montre que les débuts de cette pratique remontent à 3000 ans av. JC, puisqu’en Égypte et à Babylone se pratiquaient déjà la soudure à l’étain et la ciselure. C’est à partir du premier millénaire de notre ère que ces techniques vont se populariser pour aboutir à la Ferblantierfabrication d’instruments de musique, de lanternes, de boucles de ceinture et de différents ustensiles domestiques. A Maurice, ils sont encore quelques-uns à avoir conservé ce savoir-faire ancestral, qui, il y a une quarantaine d’années donnait naissance à des objets utilitaires indispensables pour la ménagère d’autrefois.

Le plus celebre des artisans ferblantier reste Jacques Soondee sûrement le plus vieux ferblantier du pays qui depuis toujours manie avec agilité le fer blanc. Depuis l’ouverture en 1942 de son office situé à quelques pas du quartier chinois de Port Louis, et légué par ses parents alors qu’il n’a que 15 ans, ce lieu de travail ne désemplit pas d’objets en tous genres, qui sont tout autant de symboles de l’Île Maurice d’antan.

Des « carailles » en fonte au fer à repasser, de la tirelire en aluminium à la boîte aux lettres sans oublier les réchauds à charbon, les enclumes, les entonnoirs, les marmites pour préparer les caris délicieux et le fameux arrosoir qui est devenu l’accessoire vintage que les férus de design s’arrachent, l’atelier de Jacques est à l’image de son propriétaire : un vrai trésor !

« Cela fait plus de 30 ans que je crée des objets en tous genres à la demande des gens. L’objet le plus demandé ? L’arrosoir ! »

exprime-t-il non sans fierté. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’au fil des années, le bouche-à-oreille a bien fonctionné. Son atelier est toujours remplie d’habitués ou de curieux qui çà et là ont entendu parler des oeuvres du ferblantier. « Comme il s’agit d’un petit atelier, cela me permet de toucher à tous les aspects de la ferblanterie. C’est-à-dire que je passe de la feuille de papier à la feuille de tôle vierge jusqu’au produit fini prêt à être utilisé. Le développement de certaines pièces prend jusqu’à trois heures parce qu’elles ont des formes et des usages particuliers. » explique-t-il.

Pour Jacques, le travail de ferblantier est très varié. L’on peut confectionner un nombre illimité d’objets à l’aide de métal en feuilles. Il faut être dôté d’une grande dextérité manuelle et avoir une bonne perception de l’espace en trois dimensions. Il faut savoir qu’avant, les Mauriciens dépendaient énormément des artisans comme Jacques pour obtenir les objets du quotidien qui coûtaient à l’époque une véritable fortune. Le rêve de Jacques ? Que son art perdure et que la jeune génération s’en imprègne. C’est ce qu’on lui souhaite !

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