Œuvrer pour que la conduite des affaires de ses membres soit facilitée est l’objectif poursuivi par l’AHRIM*. Peu connue du grand public, ce dernier lui doit néanmoins la prise d’une série de mesures pour que l’usage de la mer rime avec bonne expérience et qu’un séjour hôtelier reste un souvenir mémorable. A l’ordre du jour 2017, l’association s’oppose à un projet de ferme aquacole et réclame plus de moyens pour la formation aux métiers de l’hôtellerie. 

Hôtels, restaurants, résidences touristiques, IRS faisant de la gestion locative et l’association d’agences réceptives AIOM – Association Inbound operators of Mauritius – sont les membres de l’AHRIM. C’est à Jocelyn Kwok, son directeur que revient la mission de représenter ces professionnels du tourisme auprès des instances que sont le MPTA – Mauritius Promotion Tourism Authority – et le ministère du Tourisme et de faire l’interface entre les deux parties sur des dossiers tels que les conditions des licences d’exploitation, l’amélioration et l’embellissement des infrastructures, les questions de sécurité ou de signalétique sur les sites touristiques «qui en manquent malheureusement cruellement », regrette t-il.

Parmi les dossiers en cours, un retient toute l’attention des membres de l’AHRIM, celui d’un projet de ferme aquacole. Estimé surdimensionné et comportant plusieurs risques pour l’écosystème marin, la demande de licence EIA – Environmental Impact Assessment – de la socité mauricienne Growfish International, ne répondrait pas aux exigences du gouvernement en matière de politique d’aquaculture. Compte tenu de son fort impact sur l’environnement marin, ce projet concerne de près les touristes, donc les hôteliers et tous les professionnels des loisirs nautiques. L’AHRIM s’y oppose donc farouchement. Pour assoir ses arguments, l’association a sollicité l’avis d’experts, faisant autorité dans leur domaine respectif: Michel De San, biologiste spécialisé en gestion de projets de développement des pêches et de l’aquaculture, Pierre Bosc, ingénieur agrohalieute, spécialisé dans le développement de projets en aquaculture tropicale et en ingénierie des milieux aquatiques, Sharveen Persand, spécialiste d’océanographie physique et environnement et Dominique Gréboval, docteur en gestion des ressources marines.

Une production jusqu’à 100 fois plus importante que celle de la ferme marine de Mahébourg

Ce projet aquacole est basé sur les techniques norvégiennes à très grande échelle. Le promoteur a identifié quatre sites dont deux situés dans la région de Bambou dans l’Ouest. Chacun de ces deux sites correspondrait à 48 à 84 bassins de 50 m de diamètre chacun pour une production de 30 000 à 40 000 tonnes de poissons. A titre de comparaison, à Saint-Paul de La Réunion, la ferme désormais close produisait 30 à 40 tonnes annuelles. D’un point de vue purement technique, les experts ont estimé que le projet tel que proposé « ne répondait pas à la définition d’une activité économique responsable, ne s’inscrivait pas dans les grandes tendances internationales et ne reflétait pas les ambitions du gouvernement mauricien telles que formulées dans les divers rapports stratégiques ».

Outre un fort impact écologique, les experts ont émis un second point de réserve et non des moindres, à cause du risque requin qui est réel. L’élevage en cage engendre un “effet DCP”, attirant tout autant les petits poissons, qu’en toute logique, les prédateurs, dont les requins. « Même si le lien de cause à effet n’a pu être clairement démontré, notre ignorance sur le comportement des requins associé à l’absence d’étude scientifique démontrant un « risque zéro», appellent à la plus grande prudence, selon eux. L’AHRIM et d’une façon générale tous les professionnels de la mer – l’activité dauphins génère à elle seule un chiffre d’affaires de Rs 200 millions par an -, se mobilisent donc contre le projet Growfish International sous sa forme actuelle.

 

« Pourquoi pas une sorte de contribution à l’effort »

L’autre dossier sur lequel planche l’AHRIM est le développement des ressources humaines. Un manque criant de main-d’oeuvre dans les métiers de l’hôtellerie et de la restauration inquiète actuellement les professionnels du tourisme. Pour preuve, 400 à 500 étudiants seulement sortent de l’école hôtelière chaque année, alors que l’industrie touristique crée 900 emplois. Pour Jocelyn Kwok « Nous avons grossi très vite ces 10 dernières années d’autant que parallèlement aux hôtels et restaurants, les IRS ont aussi besoin de main d’œuvre ». A cette carence, deux raisons majeures: des rythmes de formation dispensés par l’Education nationale insuffisamment soutenus et les embauches massives des jeunes par des bateaux de croisière représentés par des sociétés étrangères.

« Nous demandons à l’Etat de faire des efforts en donnant davantage de moyens aux écoles et d’instaurer une taxe de participation à l’effort national de formation,  j’entends par là de faire payer une taxe par les sociétés de croisière pour chaque mauricien embauché sur un bateau».

L’insertion dans les établissements hôteliers des personnes en situation de handicap, l’amorce d’une réflexion sur la place des femmes en milieu hôtelier, poursuivre son action en tant qu’acteur principal du PNEE – Programme National d’Efficacité Energétique – partie prenante de développement durable en terme de gestion de déchets et de la création d’unités de dessalement dans les régions sous-alimentées en eau sont parmi les autres questions traitées par l’AHRIM.

*Association des Hôteliers et des Restaurateurs – Ile Maurice

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