Sideroxylon grandiflorum, Dodo Tree (An.), arbre du dodo, tambalacoque (Fr./Cr.), tambalacok (Cr). Endémique de Maurice

Classification : En danger

Le tambalacoque est un arbre d’une grande longévité, endémique (unique) de Maurice.

Le tambalacoque est un arbre qui peut atteindre plus de 15m de haut dont l’écorce se détache par plaques fines et irrégulières. Il était apprécié pour son bois. Les jeunes feuilles sont pubescentes (fin duvet sur la feuille) et d’un brun dessous. Les feuilles adultes sont glabres (sans poils), effilés à ovales. Les plantules ont des feuilles plus effilées et pointues.  Les fleurs du tambalacoque sont hermaphrodites, c’est-à-dire, ayant les organes mâles et femelles sur la même plante. Le fruit est long de 5cm à péricarpe (paroi du fruit) charnu. A maturité le fruit devient vert-clair, et contient une grosse graine globuleuse extrêmement dure.

En 1973, on pensait que cette espèce était en voie de disparition. Dr Stanley Temple, éminent scientifique américain, émis l’hypothèse que le tambalacoque et le dodo était étroitement liés. D’après Temple, le dodo mangeait le fruit du tambalacoque et ce n’est qu’en passant par le tube digestif de l’animal que les graines germaient. Il fut par la suite démontré qu’on pouvait parvenir au même résultat en faisant manger les fruits par des dindons. Si ceux-ci ne sont guère intéressés par les fruits du tambalacoque, ils sont bel et bien tentés par les graines. Ces dernières germent après être passées dans leur gésier. On obtint des résultats similaires en pépinière.

Par ailleurs, la nécessaire intervention du dodo dans le processus naturel de germination a été contestée, certains chercheurs estimant que la prétendue disparition de l’arbre avait été exagérée, d’autres suggérant que d’autres animaux endémiques disparus tels que les tortues géantes (Cylindraspis spp.) ou perroquet bleu (Lophopsittacus mauritiana) participaient auparavant à la dispersion des graines.

Certains experts ont surtout établi que si les tambalacoques sont effectivement en déclin rapide, de nombreux spécimens ont poussé depuis la disparition du dodo. La raréfaction de l’arbre serait plutôt due à la concurrence avec les plantes exotiques et envahissantes et à l’introduction de destructeurs de plantules (cochons marrons et cerfs) et destructeur de fruits et branches d’arbres (singes). La thèse de la relation exclusive entre le dodo et le tambalacoque, bien que critiquée et démentie depuis qu’elle a été émise, est entrée dans l’imagination populaire et difficile d’éradiquer, d’où la persistance de son nom commun ‘dodo-tree’ et ‘arbre du dodo’.

Le tambalacoque pousse aujourd’hui dans les forêts d’altitude comme à Macchabé, Mare Longue et Brise Fer ou sur la Montagne du Pouce. On ne retrouve que des arbres âgés dans les forêts, avec peu de régénération. De nombreuse tentatives de propagation ont réussi mais avec un taux de germination faible, due aux micro-organismes saprophytes qui envahissent le fruit. L’avenir du tambalacoque reste la réhabilitation des forêts ou elle persiste en enlevant des espèces envahissantes telles que la goyave de chine (Psidium cattleianum) et le privet (Ligustrum robustum), réduction de l’impacte des animaux prédateurs, protection des plantes, graines et plantules, et propagation en pépinière suivi de réintroduction dans des aires protégées.

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