Fraîchement constitué, Port-Louis Devlopment Initiative* nourrit de grosses ambitions pour la capitale mauricienne. Outre harmoniser la vision de ses acteurs en donnant vie à une série de projets ponctuels ou menés sur du long terme, un cadre juridique et fiscal spécifique et la création d’un fonds d’investissements sont les poids lourds des mesures envisagées pour pérenniser ses actions. 

Jusqu’alors discret, le PLDI devrait sortir de l’ombre avec le démarrage d’une série d’opérations initiées par ses soins. Comme expliqué par son président, Gaétan Siew, depuis sa création en mars 2017, les membres du bureau se sont employés à réfléchir sur la philosophie dont ils se veulent porteurs, sur les actions qu’ils souhaitent engager et le calendrier pour les dérouler, plutôt qu’à communiquer. Née de la volonté d’entreprises partenaires soucieuses d’investir dans une cité intelligente, PLDI vise à faire de Port-Louis une ville où il fait bon vivre, en la rendant verte, respirable et vivante le jour comme la nuit. Car telle est la vision globale de la ville par tous ses acteurs, qu’ils soient entreprises ou riverains.

2018 marque le début des mesures concrètes

Parmi les projets engagés dès aujourd’hui, les maisons de 75 familles -visibles de la rue Monseigneur Leen-,commencent à arborer de nouvelles couleurs, ou disons le, des couleurs tout court. De même que les travaux pour le nouveau visage de la Place d’armes, symbole financier fort de la capitale, le lancement de l’opération 10 000 arbres et la réhabilitation du Ruisseau du Pouce avec des berges revisitées en espaces de promenade pour les riverains démarrent aussi cette année.

Au delà de 2018, rendre la rue de la Reine aux piétons, pour créer une ligne historique narrative reliant le marché central, la grande mosquée et China Town, reconnecter les deux parties de Port-Louis coupé par la voie rapide en deux points, la gare Victoria au Sud et Aaprasi Ghat au Nord, transformer en campus numérique Les Casernes qui seront vidées dans deux à trois ans de ses forces policières sont d’autres exemples d’une métamorphose à plusieurs temps de la capitale.

La rue de la Reine devrait évoluer en zone piétonne

Idée d’un cadre juridique et fiscal spécial

Parallèlement à l’axe des projets, l’organisation a poussé sa réflexion sur les moyens pertinents de régénérer la ville en la rendant attractive. Il demandé au cabinet Ernst&Young de rédiger un texte faisant valoir un régime fiscal propre à Port-Louis, de façon à intéresser l’installation intra-muros d’activités associées aux industries créatives – galeries d’art, maisons d’édition, studios photo…-, qui résideraient à Maurice. « Et nous comptons faire adopter ces mesures par le ministère des Finances lors de la présentation du budget annuel de 2018 », soutient Gaétan Siew.

La création d’un fonds d’investissement, le nerf de la guerre, est également à l’ordre du jour. Car si toutes les opérations se font de conserve avec la municipalité de Port-Louis, les ministères des Infrastructures Publiques et des Collectivités Locales, PLDI a réfléchi à la pierre angulaire de la consolidation de son action, impliquant l’absolue nécessité de se passer de financements publics. « Changement de gouvernement rime bien souvent avec abandon de travaux en cours et PLDI doit vivre sa propre vie, quelque soit les hommes et les équipes en place ». Ce fonds devrait être doté par les investisseurs mauriciens ou étrangers, ou sur la base de projets comme l’opération 10 000 arbres où chacun peut parrainer le sien à hauteur de Rs 1000. « Disons que dans ce cas précis, nous faisons appel aux bons sentiments » reconnaît Gaétan Siew.

Au delà des nouveautés livrées

Si les autorités ne sont pas sollicitées pour les raisons évoquées plus haut, de quelle façon les impliquer dans l’entretien des nouveaux espaces qui feront le nouveau Port-Louis ? Car, c’est souvent sur le point de l’entretien d’un espace public, aussi beau et moderne soit-il au moment de sa livraison que le bât blesse.. « Cette levée de fonds servira justement à PLID de se substituer à la faiblesse de moyens de la municipalité», selon Gaétan Siew. Et de poursuivre en évoquant des solutions alternatives comme Le club des amis du jardin à Singapour où des riverains privés de jardin s’occupent bénévolement des espaces publics ou encore à Curitiba au Brésil où un système – centralisé par la ville – permet de faire du troc entre services, soit deux heures de jardinage contre deux heures de guitare…etc. Est-ce que ces méthodes d’entraide collective peuvent s’appliquer à Maurice… Celui qui se définit lui-même comme un optimiste forcené reconnait que les mentalités ne sont pas encore prêtes. Une bonne raison pour commencer dès maintenant.

Le canal du Pouce, après avoir été transformé en site de promenade

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