Une fois n’est pas coutume, notre coup de cœur n’est pas accessible à tous… Pour pouvoir l’admirer, il faut être un plongeur certifié et descendre, au moins, à 18 mètres de profondeur. Rendez-vous sur l’épave du Stella Maru, au large de Trou aux Biches.

La découverte des contours d’une épave se détachant progressivement sur le bleu profond de l’océan, provoque une émotion intense. C’est que nous avons largement été imprégnés de cette image mystérieuse. Galion espagnol rempli de doublons d’or, paquebot englouti dans une fosse océanique ou vaillant destroyer torpillé par un sous-marin ennemi, nous avons tous, dans un coin de notre imaginaire, un navire reposant paisiblement au fond de la mer. Aussi n’est-il pas étonnant que, parmi tous les sites de plongée, les épaves soient parmi les plus prisés.

 

Un chalutier japonais coulé

Chaque année, des milliers de plongeurs, venus du monde entier, plongent sur le Stella Maru

 

Au début des années 80, les responsables de la Mauritian Scuba Diving Association (M.S.D.A., la fédération mauricienne de plongée sous-marine) l’avaient déjà compris. Ce sont eux qui coulèrent le Stella Maru, avec l’idée d’en faire un «spot» de plongée. Pari réussi, puisque, chaque année, ce sont des milliers de plongeurs, venus du monde entier, qui plongent sur l’ancien chalutier japonais. Plusieurs paramètres rendent cette épave particulièrement attrayante. En premier lieu, sa faible profondeur. Le sommet du mât de charge se situe autour des treize mètres, seulement, et le pont du bateau n’est qu’à dix-huit mètres. Du coup, même les plongeurs tout juste détenteurs d’un brevet de premier niveau peuvent descendre sur l’épave. C’est une configuration rarissime et qui permet à des plongeurs encore débutants de découvrir les plaisirs de ce type de plongée.

 

Ensuite, le Stella Maru, sans être le Titanic, est un assez gros bateau. Avec environ 30 mètres de longueur, il est déjà imposant. Cet aspect a une certaine importance, car la densité de la vie sous-marine qui se développe autour de celle-ci est, en grande partie, liée à sa taille. Grâce à ses dimensions généreuses, à ses cales profondes et à ses coursives, le Stella Maru fournit un terrain particulièrement propice au foisonnement biologique. Et en plus de 30 ans, le Stella Maru a été largement colonisé. A l’ombre de sa coque, dans le sable du banc sur lequel repose le bateau japonais, à 25 mètres de profondeur, des turbots tropicaux, presque invisibles, sont souvent présents. Mais ils ne sont pas les seuls: de dangereux poissons pierre, dont les épines dorsales contiennent un poison particulièrement douloureux, y sont parfaitement enfouis!

Nombreux sur l’épave, les poissons lions, ou rascasses, y ont trouvé un excellent terrain de chasse

 

Ballet de poissons et de nudibranches

Dans la timonerie, de gros poissons écureuils écarlates semblent somnoler alors que des rascasses en chasse arpentent les coursives. Dans l’une des cales, une grosse murène javanaise, au caractère imprévisible, a longtemps vécu à demeure. Elle a disparu, mais de nombreux plongeurs se souviennent de s’être brutalement trouvés face à sa gueule béante. Dans le mât de charge, à l’avant du pont supérieur, deux ou trois poissons crapauds sont souvent blottis. Au-dessus et autour de l’épave, les prédateurs savent qu’elle est un buffet ouvert. Les carangues, quelques bonites ou des barracudas survolent donc le pont, prêts à fondre sur une proie éventuelle. Un baliste olivâtre, curieux, comme tous ceux de son espèce, accompagne souvent les plongeurs. Mais les gros poissons ne sont pas les seuls occupants intéressants… Les nudibranches, ces mollusques colorés et gracieux, ne sont pas rares sur le Stella Maru. Cette diversité lui vaut un succès international, notamment auprès des photographes sous-marins.

Alors, si vous aussi, vous avez envie de découvrir ce site exceptionnel, un seul conseil: courez vous inscrire aux cours dispensés par le centre de plongée le plus proche de chez vous! Le brevet de premier niveau n’est pas difficile à obtenir…

 

Un photographe mauricien en Australie

Né au Malawi, de parents mauriciens, Jean-Yves Bignoux vit en Australie. C’est d’ailleurs là-bas qu’il a commencé à plonger, à presque trente ans, en 2004. Mais c’est à Maurice, l’année suivante, qu’il a pris ses premières photos sous-marines. Devenu moniteur de plongée, il a choisi de se former spécifiquement à la photo et s’y consacre maintenant presque exclusivement.Son appareil principal est un Canon EOS 7D DSLR, équipé d’un caisson étanche Ikelite et de deux flashs DS de 160 watts. Pour autant, il n’a pas délaissé le compact de ses débuts, un petit Nikon L22. Jean-Yves revient régulièrement plonger à Maurice, notamment sur l’épave du Stella Maru.

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