Aisha Allee, c’est avant tout une femme qui a pris son destin en main. Passionnée et déterminée, elle a gravi peu à peu tous les échelons. A la tête de son agence spécialisée en communication et en relations publiques, la businesswoman prend le temps de nous parler de son parcours, de sa vie de femme et de maman. 

D’emblée, Aisha Allee se définit par sa franchise. Pas question de faire semblant! Elle dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas! Déterminée, elle lance en 2004 Blast, son agence de communication et de relations publiques.  « J’en avais marre de ne pas être valorisée ; je me donnais à fond mais ce n’était jamais assez. Ras le bol : je me suis dit : ‘Arrête de te plaindre ; prends ton destin en main’ ».

Envie de découvrir le monde

Son HSC (équivalenbt au BAC) en poche, Aisha ne se prend pas la tête avec les études. La jeune femme en devenir rêve de voyages. « Je prends une année sabbatique pour parcourir le monde : six ans chez Air Mauritius. »  Entre-temps, elle rencontre son mari et donne naissance à leur premier fils, Hashmi.

A ce moment précis, Aisha a passé un cap. Elle a accompli son rêve de jeune fille. Elle est épouse, mère… place à la femme active! Après des cours en marketing, elle décroche sa maîtrise en communication. Par contre, le besoin de voyager ne la quitte pas d’aussitôt. Des postes insatisfaisants la poussent vers l’expérience du travail à l’étranger. « J’ai beaucoup travaillé à l’international pour des compagnies comme Shell et Nestlé au Kenya, en Tanzanie, à Djibouti, au Soudan et en Ethiopie, un pays que j’affectionne particulièrement. »

Voler de ses propres ailes 

Après cette période africaine, Aisha pose ses valises  à Maurice. Ne se sentant pas valorisée au sein des entreprises locales, elle décide de se lancer à son propre compte. Sa rencontre avec Lekha Seebaluck concrétise son projet et Blast devient réalité. « Le chemin fut très dur et je n’aurais jamais pu faire sans Lekha, mon associée. Nous sommes complémentaires et nous sommes devenues amies au fil des années. Mes enfants ont été d’un soutien phénoménal. Ils m’accompagnaient pour nettoyer le bureau les samedis à l’époque où on ne pouvait se payer une aide pour le ménage », se remémore la businesswoman.

Les deux femmes se  lancent un grand défi dans une société dominée par les hommes. La réussite ne tarde pas : aujourd’hui son agence est leader dans le secteur à Maurice. Elle jouit d’une renommée régionale et internationale et d’un  partenariat avec Burson-Marsteller, leader mondial.

Aisha AlleeEtre entrepreneur est aussi difficile pour l’homme que pour la femme… 

Mère poule et féministe ! 

Aisha est mère de deux fils. L’aîné, Hashmi, a 24 ans. Il a suivi les traces de maman et fait son master en communication. Juneid Ismael, 18 ans, part pour des études d’ingénierie à l’Université de Melbourne. Alors, mère poule ou mère indépendante? « Oui… mille fois oui… maman poule à fond ; le départ des enfants pour l’étranger sera une réelle déchirure, mais je sais que ces séparations sont nécessaires pour leurs vies d’adulte. »

Elle a toujours su faire la part des choses. « J’adore les enfants ; je trouve que si les adultes préservaient l’authenticité des enfants, on aurait moins de problèmes dans le monde. Je suis restée à la maison deux ans pour m’occuper de mon fils aîné et c’était des moments de pur bonheur. A la maison, je suis maman tout simplement. Venez me voir en train d’astiquer, de récurer, de polir, de nettoyer, de faire le jardinage. J’aime que tout brille, que tout soit propre. »

Pour cette raison, l’idée reçue de la femme d’entreprise qui ne fait que bosser et qui délaisse ses enfants l’indigne. « Je connais assez bien cette société qui juge si injustement les femmes qui ont le courage de prendre des décisions des fois difficiles et qui ne cadrent pas avec l’image de la femme traditionnelle et soumise. » Aisha s’est, d’ailleurs, engagée à plaider pour plus de valorisation des femmes mauriciennes en milieu professionnel et milite pour qu’elles soient plus présentes au sein des conseils d’administration. Elle a récemment été invitée à figurer sur le comité de l’African Women in Business à l’Africa CEO Forum 2017, à Genève les 20 et 21 mars.

Aujoiurd’hui, Aisha Allee vit séparée de son mari, mais elle insiste : ce n’était pas un choix entre carrière et rôle d’épouse. « On fait trop souvent des amalgames et des associations bêtes et méchantes. Je dois beaucoup au père de mes enfants, toujours très présent pour eux. Il y a beaucoup de respect et d’amitié entre nous. »

Femme comblée et reconnaissante pour tout ce que la vie lui a donné, Aisha est à fond dans tout ce qu’elle fait, que ce soit dans les affaires, à s’entraîner à la gym, à jouer au golf, lorsqu’elle voyage ou à « savourer un moment » avec ses amis.

Aisha Allee

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